Lettre d’une cépulbiste inscrite aux cours facultaires parue dans L’Artichaut 7/2, décembre 1989 Déjà, la nouvelle année académique a débuté! Je me souviens si bien de l’assistance au premier cours, il y a trois ans… Recherche de l’auditoire… appréhension d’y entrer… comment les jeunes allaient-ils nous accueillir? Quel ne fut pas mon réconfort d’être saluée – dans la salle que je pensais vide – par une charmante étudiante, trouvant «chouette qu’à votre âge (!) vous souhaitiez encore apprendre.» Par la suite, un des professeurs demanda une volontaire pour prendre des notes. Quelle réelle émotion de découvrir quelques mois plus tard que le syllabus imprimé par l’ULB reprenait quasi textuellement les textes remis. Ainsi donc, si ma mémoire s’était enfuie, pouvais-je encore être utile! Très vite, les étudiants se rendirent compte que je dactylographiais les notes prises lors des cours pour lesquels il n’existe pas de syllabus. Les demandes affluèrent, jusqu’à me fournir des rames de papier autocopiant. Les étrangers surtout étaient contents. Telle cette Japonaise qui un an plus tard me prétendit avoir réussi son examen «grâce aux notes». Ou ces deux Grecs amenés à interrompre en cours d’année leurs études à l’ULB pour l’université d’Athènes et qui me téléphonèrent avant de prendre leur avion pour demander s’ils pouvaient continuer à recevoir les notes – toujours ces fameuses notes… Depuis lors, on s’écrit et je dois honorer une invitation en Crète. Que dire aussi des contacts que ces cours allaient nouer! D’abord avec les étudiants! Relation à double courant, englobant aussi bien l’intérêt pour leurs études et leurs projets qu’un témoignage simple de sa vie à soi. Sans oublier les réussites fêtées par un joyeux repas à la maison. Parfois aussi pour consoler d’un échec ou d’une préoccupation familiale. Ensuite avec d’autres cépulbistes! Là aussi, l’échange de notes ou de documents s’est souvent terminé autour d’une tasse de thé, quand il n’a pas donné lieu à la naissance d’une réelle amitié. Enfin (et c’était vraiment inattendu) avec les professeurs. Les remercier de l’enseignement reçu, parfois même leur prêter des diapositives ou leur donner des documents photographiques. Et quel contentement de leur part! Je pourrais encore énumérer d’autres points positifs de ces expériences facultaires et cépulbistes: - préparation et réussite d’un voyage archéologique, - intérêt accru pour les expositions et musées, - ouverture d’esprit vers d’autres horizons. Mais le principal, l’essentiel, ne serait-il pas, au travers des cours facultaires, l’échange, le partage de nos vies et de nos expériences mêlé à la soif d’écoute et aux interrogations des jeunes. Le miel de l’âge mûr côte à côte avec les rêves de la jeunesse. Huguette Merchiers Sur les campus de l’Université libre de Bruxelles 9 * * * * * * * *
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