Interview de la professeure émérite de l’ULB, Monique Asiel, Dr en médecine, interniste gériatre [Avril 1990, L’Artichaut n° 7/4] Vous avez mené de front l’enseignement, la pratique médicale et la recherche. Qu’avez-vous découvert? On ne découvre rien, on essaye de trouver quelque chose, mais on cherche surtout à comprendre (plutôt qu’à trouver). Une question intéresse tout le monde: comment garder une bonne santé quand on vieillit? Je crois qu’il y a d’abord des conseils valables pour toutes et tous: éviter l’alcool, le tabac, faire des exercices physiques et intellectuels. Ce sont des règles de vie saine. Mais quand on est âgé, il est aussi très important de rester dans le mouvement. D’abord pour ne pas se rouiller et ensuite pour ne pas s’exclure et se sentir exclu. En même temps, il y a beaucoup de choses à faire pour les autres, tout en gardant du temps pour soi. Lors de la retraite, on peut mettre son expérience au service des autres et leur donner du temps, puisque nous en avons plus. Nous en tirerons satisfaction, même si la réaction suscitée n’est qu’un sourire heureux. Penser aux autres est une façon de bien vivre. Il faut pouvoir communiquer avec les autres sans les ennuyer. La retraite entraîne souvent un sentiment de solitude. L’isolement est relativement fréquent chez les personnes âgées. Le sentiment de solitude lui est parfois lié, mais ce n’est de loin pas toujours le cas. Vivre seul peut être un grand changement, mais il est possible de compenser. Il y a des tas de choses à faire, mais il faut ouvrir les yeux, fournir un petit effort et savoir choisir. Il faut se prendre en charge, garder ses anciens amis, et s’en faire de nouveaux – pourquoi pas des plus jeunes. N’éprouve-t-on pas aussi un sentiment d’inutilité? On peut toujours être utile d’une façon ou d’une autre. Soit en écoutant, soit en ne dérangeant pas; ou encore, en étant disponible. D’autre part, l’expérience acquise durant la vie professionnelle, en particulier son expérience en relations humaines, peut aider, même si les techniques du métier ont évolué. POUR UNE VIEILLESSE ÉPANOUIE ******* 50 ans de l’Université Inter-Âges – cepulb 36 * * * * * * * *
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